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Du 15 mai au 7 juin la galerie Celal accueille l’artiste Ken Sortais et son bestiaire pour un vernissage personnel intitulé “Les pérégrinations de si atroce“.

Diplômé des beaux-arts de Paris, Ken Sortais est né en 1983. Depuis plus de dix ans, il navigue dans le milieu du graffiti, aiguisant ses poignards sur les murs de la capitale. Mais sans jamais s’éloigner d’un travail d’atelier, plus intime, plus introspectif, essentiel. Puisant dans les codes du dessin animé, du manga, du logo publicitaire, ou s’inspirant de sources plus classiques, l’univers de Ken Sortais est ambivalent.

L’innocence de l’enfance s’y trouve confrontée aux préoccupations de l’âge adulte et, derrière des figures souriantes, se dissimulent des démons véritables. Une lutte s’engage alors entre rêve et cauchemar, liberté et asservissement, intégrité et altération… La distorsion des formes, la multiplication des courbes et des enroulements, les jeux d’ombres et lumières, de relief et de perspective, sont autant d’artifices graphiques dont use Sortais pour mener à bien son entreprise symbolique d’aliénation.

Ses personnages en sont les premières victimes. Puis c’est au tour du spectateur d’être happé par ce monde paradoxal, dont il ne peut sortir indemne.
Lauréat du prestigieux Salon de Montrouge en 2011, Ken Sortais a eu l’opportunité de montrer son travail au palais de Tokyo, proposant au spectateur un véritable parcours sous la forme d’une grande installation : Dernier Tour. Après avoir exposé à Londres, New York et plus récemment Paris, l’artiste s’arrête à présent à la galerie Celal où il fera la part belle à l’expérimentation, tant sur le plan pictural que sculptural.

Une exposition qui prendra la forme d’un voyage symbolique, guidée par les élans mystiques et visionnaires de l’oeuvre de Goya et enrichi par les cauchemars métaphysiques d’Argento, cinéaste italien dont les films sont hantés par la conviction que le réel est une énigme. Une thématique chère à Sortais qui nous plongera dans un univers gouverné par l’étrange et jonché d’images complexes imprégnées du désir de brouiller les pistes. Perdre le visiteur pour mieux le ramener vers la lumière, voilà l’enjeu de cette exposition.
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Exposition Ken Sortais “Les pérégrinations de si atroce
Du 15/05/2014 au 07/06/2014
Galerie CELAL
45, RUE ST HONORE – 75001 PARIS
 TEL: 01 40 26 56 35
ou : 06 77 51 77 95

 

 

 

 

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La Galerie Celal présente Hard Comix, une exposition personnelle de Horfée qui aura lieu du 27 Octobre au 1er Décembre 2012

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Voici quelques photos de l’exposition Horfée [Passage] , qui se déroule actuellement à la galerie Celal jusqu’au 9 avril 2011.

All photo by Vitostreet

Passages (de Horfé à Orphée)


Que cherche à nous dire un graffeur urbain dès lors qu’il accepte d’exposer son travail dans une galerie? Qui’il se range? Passe-t-il de outsider à insider, de graffeur urbain à peintre d’atelier, ce qu’exprimerait bien le titre de l’exposition, “Passages”? Ou bien se sent-il assez mature pour dévoiler au public un processus qui, bien que primordial, était jusques là resté secret, à savoir son travail d’atelier? Ou plutôt parler son travail de cabinet, en hommage aux anciens Cabinets de Curiosités peuplés de multiples monstres et merveilles…
In et Out: Horfé peint l’extérieur de la galerie, la vitrine, et en même temps il en griffonne les murs à l’intérieur. L’intrus qui rentre, le reclus qui sort. Pour ce faire, le peintre prend corps dans l’un de ses personnages fétiches, le joker( Jack Nicholson ) dans “Batman” (1989 , le 1er de la série de Tim Burton) qui s’octroie le droit de maculer (de macula, tache) les toiles des grands peintres. Et par un mise en abîme dont lui seul a le secret, Horfé le Joker, grand maculateur des terrains vagues et des façades de bien de métropoles mondiales, va attaquer les murs de sa propre exposition. Le graffeur sauvage reste latent, dans sa fraîcheur et dans sa rage adolescentes. Il refuse de céder complètement sa place au peintre d’atelier. Et pourtant, et pourtant, il s’agit bien du même univers qu’Horfé crache sur tous les murs de la planète. La rue, la clandestinité, le papier, la légalité s”entrecroisent et s’enrichissent mutuellement. L’échelle, les conditions d’execution varient, mais à peine… car on retrouve dans ses dessins, dans ses aquarelles et ses peintures le souffle de liberté du graffeur, son instantanéité, sa spontanéité. Tous les médiums ( acrylique, bombe, feutre, crayon gras, aquarelle,…) sont bons pour retrouver sur le papier ou la toile le geste fondateur de l’activiste, la rugosité, l’imperfection des surfaces urbaines, la rapidité d’exécution, l’urgence.

Dans la galerie, ce ne sont pas des œuvres léchées, on ne leur demande pas de l’être, mais on y décèle un savoir faire et in travail consciencieux. De la détermination,aussi, et beaucoup: “je veux que l’exposition soit riche et qu’elle me ressemble”.
Et en effet, c’est tout l’alphabet pictural et iconographique développé dans la rue mais issu de compilations et d’emprunts à la BD, aux illustrateurs pour enfants, aux grands maîtres et à l’imagerie populaire qui se dévoile à nous. Les lettres d’abord reconnaissables se peuplent de figures qui se métamorphosent lentement en images, elles deviennent personnages, des insectes, des cloportes, des dinosaures, et les personnages des machines, le tout dans un joyeux maelstrom de formes et de couleurs, de tuyauteries et de vase communicants. Un langage des signes qui devient une langue à part entière. Car les personnages de Horfé vivent dans un monde bien à eux, un monde en perpétuelle mutation, à l’image de son créateur, voyageur infatigable, imprégné d’une multiplicité de cultures, toujours à la recherche de nouvelles interconnexions.

Dans cette version un peu underground de “fantasia” prédominent trois personnages: la tête de mort, prolongé ou non par son squelette, la chauve-souris, le clochard. Des vanités du XXIème siècle à travers lesquelles l’artiste exorcise l’idée de la mort qui le hante, qui le tenaille. Ainsi, crée t-il un univers au fonctionnement autonome, et dans lequel, espère t-il, la mort ne rentrera pas. Même si elle nous guette à travers ces 3 personnages, Horfé la défie frontalement à travers ses dessins. Et c’est là qu’il nous faut fatalement nous référer à la mythologie d’Orphée, car le nom ‘Horfé” , malgré son détournement phonétique, n’est pas le fruit du hasard . L’Orphée antique , mais aussi “l’orfeu Negro” du film brésilien de Marcel Camus, le grand choc poétique d’enfance d’Horfé, qui a déclenché chez lui l’envie du graff nous apparaît comme la grande vitrine de la curiosité pour l’au-delà, pour le monde des Enfers, L’Horfé moderne, fasciné par l’innommable, imprime dans un quadriptyque de l’exposition sa très particulière interprétation du tableau de Goya ” Saturne dévorant ses enfants” (Huile sur toile, 1819-1923, 146x43cm, Musée de Prado , Madrid), une autre grande émotion esthétique pour l’artiste.

Un orphée naît, l’autre Horfé se métamorphose, Saluons Les.
Monica Regas , Paris, Mars 2011

Exposition Horphée [Passage]
Du 19/03 au 09/04/2001
Vernissage le 19 à partir de 18h
Galerie Celal
45, RUE ST HONORE – 75001 PARIS

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